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Saint-Montan, de la préhistoire à nos jours
Sommaire :
Préhistoire
Age des métaux
Période romaine
Eglises et Prieurés
Le moyen âge
La période moderne
Note : la collection de photos de Saint-Montan en noir et blanc qui agrémente cette page a été aimablement prêtée par M. Lemoine.
Préhistoire
Les préhistoriens reconnaissent dans le Bas-Vivarais une des régions les plus peuplées de France méridionale pendant la période du néolithique. A l'origine, l'habitat se trouve dans des grottes ou abris sous roche, qui ont constitué un refuge privilégié pour les hommes préhistoriques vivant de chasse et de cueillette sur la terre vivaroise, six mille ans avant Jésus-Christ.
Ensuite, pendant la protohistoire (deuxième millénaire et début du premier avant J-C), le peuplement du Bas-Vivarais se présente sous deux formes :
* un peuplement très dispersé, par petits groupes de tribus dans de très nombreuses grottes. Le bétail y trouvait aussi protection et un parcage facilitant la surveillance nocturne.
* un éparpillement d'autres tribus sur les garrigues et plateaux calcaires, établi de ci, de là, en petits groupes de quelques huttes.
L'économie de ces groupements humains était complexe : agriculture, élevage, chasse et pêche. Cette population se déplaçait grâce aux drailles antiques.
Saint Montan a-t-il été habité au cours de ces périodes ? On peut répondre par l'affirmative. En témoignent:
* à la grotte BARDALEINE ou FABREGE, découverte au début du XXe siècle (au cours de l'exploitation de guano provenant d'une importante colonie de chauves-souris) d'ossements humains, de poteries néolithiques et de poteries sculptées dans l'abri supérieur.
* à la grotte PASCALOUNE, découverte d'ossements humains, tracés linéaires, fragments de peinture et poteries grossières non décorées.
* à la grotte BAUME DE CORDA, flèche de silex et tessons de poteries grossières non décorées. sur un gisement néolithique de plein air, découverte grâce à l'important travail de Monsieur H. LECLERE, de sept cent vingt deux outils taillés dans un silex de bonne qualité. La majorité est constituée de lamelles trapézoïdales, armatures de flèches tranchantes triangulaires, racloirs, grattoirs, haches. Cette découverte a été publiée par le regretté archéologue René GILLES, spécialiste de la Basse Ardèche, qui a daté ce gisement de 3 600 avant J-C
* découverte de plusieurs gisements de plein air par F. BOICHUT qui, instituteur pendant un an à Saint-Montan, passa ses loisirs à la prospection et la collecte de silex taillés de très bonne facture, lamelles, flèches, racloirs, grattoirs, haches,... L'ensemble a été mis à la disposition de l'Association des Amis de Saint-Montan.
* ont également été trouvées dans le Bourg Médiéval, deux haches ornementales polies de couleur noire. Cette découverte conforte l'idée d'une vénération des silex polis ornementaux par les populations du Moyen Age. Pensant qu'ils pouvaient porter bonheur et protéger la maison, ils étaient déposés dans la cache d'un mur.
Age des métaux
Franchissons une étape : le néolithique final va s'enrichir d'une technologie nouvelle, l'usage des métaux. Cette période va être désignée sous le vocable : Age des Métaux, de 2 000 à 500 ans avant J-C pour le bronze, à partir de 500 pour le fer.
Dans un ouvrage très documenté, Jean-Louis ROUDIL, Directeur de Recherche au C.N.R.S., signale un poignard provenant d'une sépulture de la grotte BARDALENE (dite aussi CHIRONLONG), proche de Saint-Montan. D'autre part, une collecte, à l'entrée d'une grotte de la commune, d'un ensemble de tessons de poteries inventorié par les Services Archéologiques, prouve la présence d'un habitat de l'âge du bronze. Cette période a été peu prospectée et nous pensons que d'autres découvertes sont à faire.
Période romaine
Au premier siècle après J-C, une localité importante existe au Nord de Saint-Montan. Avec l'occupation romaine et l'Empereur Auguste, elle connaît un développement considérable et devient ALBA AUGUSTA HELVIRIUM capitale de l'HELVIE. La voie romaine de Narbonne à Lyon traverse Bourg-St-Andéol, puis se dirige vers le Nord et Alba en passant par Saint-Montan.
Plusieurs itinéraires ont été examinés par les historiens. Etudions le plus logique. Après Bourg-St-Andéol (BERGOIATA), la voie romaine rejoint Notre-Dame-de-Cousignac. Au temps de la domination romaine, ce quartier était occupé par de somptueuses villas. Lors de la construction de la voie ferrée Lyon-Nîmes, on a mis à jour des colonnes de marbre, des urnes antiques, des débris de riches mosaïques et de poteries. Tout ceci atteste que Cousignac était le rendez-vous préféré des nobles Gallo-Romains. A noter que de nombreux vestiges ont été découverts aux alentours : tuiles à rebords à Campane, des tombes à coffre et tuyaux de plomb à l'OLIVET, mosaïques, tuiles à rebords, monnaies à Rochecolombe.
La route romaine passait ensuite entre le massif de la Barrale et l'Hermitage de Brieux, en face du site gallo-romain du Coutelas (poteries et morceaux de tuiles). Après avoir franchi la Conche au gué dit "le saut de l'homme", la voie romaine se dirigeait vers Saint André de Mitroys. Cette église, reconstruite au XIe siècle, est vraisemblablement d'origine gallo-romaine. De Saint André de Mitroys au quartier des Barraques, la voie romaine passait par la chapelle de Saint Pierre de Mure. Les divers lieux-dits de ce plateau dominant le Rhône conservent des restes gallo-romains : tombes sous tuiles au Vallat, morceaux de tuileaux, pièces de monnaies à la Gouyonne. En 1852, Monsieur LAVILLE, creusant pour planter un amandier, mit à jour de vieux murs entre lesquels se trouvaient plusieurs rangées de tuyaux carrés en terre cuite et placés les uns sur les autres en sens différents. Établissement de Bains gallo-romains sans aucun doute, ces vestiges témoignent une nouvelle fois de la présence romaine sur la commune de Saint-Montan. Les restes d'une piscine dans une pièce voisine, le nombre considérable de débris de briques, urnes, poteries, trouvés autour des thermes, indiquent clairement une villa d'une certaine importance. Parvenue au quartier des Barraques, la voie romaine se dirigeait, par Champel (alias l'Ourse), vers Belle Fontaine et Viviers.
Une deuxième voie antique de moindre importance devait rejoindre directement Notre-Dame-de-Cousignac à Saint-Thomé, et de là, Alba. A partir de Cousignac, elle se confondait avec la voie romaine précédemment examinée, mais s'écartant ensuite sur la gauche, elle franchissait la Conche au gué du Moulinas, près du site de Mirtailla où des vestiges ont été également retrouvés. Par Saint-Montan et Ellieux, elle atteignait Saint-Thomé après avoir traversé le plateau de Bayne. On la dénommait « le Grand Chemin » ou « le Chemin Ferrat » , c'est à dire chemin dallé. A Ellieux, on a retrouvé des tessons de poteries et des pièces de monnaies d'origine romaine. Des vestiges collectés sur le site du village de Saint-Montan, tuiles, tessons de poteries confirment la présence romaine proche du Bourg Médiéval. La tour du rocher de l'Agache n'a-t-elle pas un rapport avec le "chemin Ferrat"?.
Eglises et Prieurés
Un passé plus récent nous apporte de précieux témoignages historiques. II ne fait aucun doute que le développement de Saint- Montan a été influencé par la vie religieuse. En témoignent les très nombreuses églises ou chapelles qui se sont succédées ou superposées.
La chapelle de Saint André de Mitroys apparaît dans l'histoire au début du Vlle siècle, soit à l'époque mérovingienne. Les fondations et la base des murs remontent au XIe siècle ; du XIIe au XVIIe siècle, des modifications lui ont donné son aspect actuel et elle devint église paroissiale. Trois édifices de culte sont directement associables au château primitif de Saint-Montan : l'église de Saint Montan devenue San-Samonta, et l'église de Saint André de Mitroys qui existent avant l'implantation du château. Ces deux églises vont perdurer malgré la création d'une chapelle pour le Castrum : la chapelle Notre Dame (mentionnée en 1171), à ne pas confondre avec la chapelle des Pénitents dédiée à Sainte Catherine.
L'église actuelle de San-Samonta a été constituée par la juxtaposition de l église dite dans les textes Saint-Montan, prieuré au XIIe siècle, et une grande église plus récente. Au XIIIe siècle, elle est l'église paroissiale du Castrum.
L'église paroissiale actuelle Sainte Marie-Madeleine située au centre du village n'était à l'origine qu'un édifice de culte ne possédant pas de fonction paroissiale. Elle fut englobée dans le Castrum courant du XVe siècle. Détruite par les réformés en 1568, elle a été reconstruite en 1580. Démolie à nouveau en 1856 et 1857, l'ancienne église au toit de lauzes fut remplacée par l'église actuelle achevée en 1865. La partie haute du clocher ne fit jamais terminée, car il manqua 800 francs de l'époque.
Nous citerons pour mémoire l'église Saint-Pierre-de-Mure, totalement en ruine, pour laquelle nous n'avons pas de texte historique. La légende nous rapporte qu'un trésor a été caché en un point d'où l'on voit les trois églises. Comme il en existe plus de trois, la recherche est plus difficile.
Nous avons noté la fonction de prieuré de l'église de San-Samonta, attestée par les textes, les transformations à l'intérieur du premier bâtiment et une construction aujourd'hui disparue accolée à l'Ouest de la deuxième église.
Plus tard, en 1674, le père Jean de Bruzeau de Tours, quitta sa solitude au Mont Pilat pour venir établir un ermitage sur la colline de Brieux, au sud de Saint-Montan. Il y mourut le 10 août 1691 à l'âge de 63 ans, et fut enterré au centre de l'oratoire par les curés de Saint-Montan et Saint André de Mitroys. Pendant près de cent ans, ses prières et son exemple suscitèrent de nombreuses vocations d'ermites qui vinrent prendre la relève en ce haut lieu de Brieux. Une quarantaine a été signalée dans le mortuaire allant de 1681 à 1811 (archives de Bour- St-Andéol). Après la mort en 181 1 du dernier frère ermite, l'ensemble des bâtiments fut vendu à un propriétaire exploitant. La chapelle du prieuré, dénommée Saint-Antoine-de-Brieux, échappa au pillage en 1789 au moment de la révolution ; ses richesses furent cachées. Aujourd'hui son autel se trouve à l'hôpital de Bourg-Saint-Andéol.
Le Moyen Age
Au XIe siècle va débuter la longue période du Moyen-Age, rythmée par la vie religieuse et la domination seigneuriale. Le château fort, construit sur l'éperon rocheux du rocher de l'Agache, va constituer le point fort du Castrum au cours des siècles qui vont suivre. Cherchant plus de tranquillité et la protection des seigneurs, les habitants de Saint-Montan vont se regrouper près du château à l'intérieur des fortifications.
Au cours des siècles, influencées par les événements extérieurs de la guerre de cent ans de 1343 à 1446, incursions de bandes de pillards, guerres de religions, des extensions villageoises se construisirent à l'intérieur de nouvelles fortifications concentriques autour du château. La dernière étape, toujours visible, se situant au bord des deux rivières du Val Chaud (dénommé aussi Val Cau ou Val Ardent) et d'Ellieux.
Après la guerre de cent ans, le misère s'installa dans notre région. Dans le langage imagé de l'époque, l'on disait : "à Saint-Montan, les chats meurent droits". Le château fort fera l'objet d'une étude spéciale sur son origine et son évolution au cours des siècles.
La période moderne
Partagé entre plusieurs coseigneurs, le château et ses annexes, après les destructions des guerres de religions, connut une désaffection progressive. L'ensemble du Bourg Médiéval restera habité jusque dans les années 1880. Ensuite, l'une après l'autre, les maisons seront abandonnées ; en 1930, seules les rues de la Poterne et Montante au château restaient habitées, pour être également désertées après 1950. Chaque propriétaire récupéra tuiles, poutres, chevrons, pierres d'encadrement des portes et fenêtres.
Rapidement, l'ensemble du Bourg Médiéval tomba en ruine. En 1970, il n'était plus qu'un amoncellement de pierres et de gravats envahis par les ronces, les lierres et les arbres.
Le Bourg Médiéval ne devait pas mourir. Début 1970, l'Abbé Pierre ARNAUD fondait l'Association des Amis de Saint-Montan pour assurer la restauration de l'église de Saint-André de Mitroys, inaugurée le 24 octobre 1971. Depuis cette date, l'Association n'a cessé de restaurer les anciennes demeures de notre bourg féodal.
Grâce à sa dynamique, à la ténacité et au dévouement sans limite de ses membres dirigeants pendant 34 ans, Saint-Montan est aujourd'hui sauvé. Ceux qui visitent les lieux sont surpris de l'ampleur et la qualité des réalisations dans cette partie du patrimoine de notre commune. Ainsi, notre village est classé "Village de Caractère" par le Département depuis 1998 , une belle récompense pour tous ceux qui ont collaboré à la renaissance d'un bourg abandonné.
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