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Le château de Saint-Montan La commune de SAINT-MONTAN située au nord de BOURG-SAINT-ANDEOL, à quelques kilomètres de la Vallée du Rhône, recèle un potentiel archéologique extrêmement riche.
Au Château proprement dit s'adjoint un important BOURG CASTRAL, encore partiellement enfermé dans ses enceintes. La partie haute, abandonnée progressivement depuis l'époque moderne, a fait, et fait encore, l'objet d'une restauration et d'une mise en valeur depuis 28 ans par les soins de l'Association des Amis de Saint-Montan, sous le contrôle de l'architecte des BATIMENTS DE FRANCE de l'Ardèche. Depuis 1994 l'association a fait appel à Monsieur LAFFONT, archéologue spécialiste des châteaux médiévaux, en collaboration avec Monsieur BRECHON, pour étudier le château de SAINT-MONTAN.
Le CASTRUM de SAINT-MONTAN est attesté relativement tard dans la documentation, il est mentionné pour la première fois en novembre 1171, lorsque ROBERT, Evêque de VIVIERS, donne au prieuré augustinien de SAINT-MEDARD, au diocèse de DIE, l'Eglise SAINT-MONTAN et la Chapelle du castrum, dédiée à la Vierge. Cependant, une famille, portant pour patronyme "DE SAINT-MONTAN", apparaît dans les textes dès 1110. Cette mention d'une famille aristocratique portant le nom de SAINT-MONTAN, à cette date, laisse supposer que le château existe alors déjà. Le Château de SAINT-MONTAN est un site castral de grande ampleur (plus de 2000 m2) occupant le sommet d'une longue serre de calcaire crétacé orientée approximativement Nord-Ouest / sud-est au confluent des ruisseaux du VAL CHAUD et d'ELLIEUX, qui forment tous deux des gorges très encaissées. Relativement bien conservé, il présente un plan complexe où se lisent de très nombreux remaniements, mettant en évidence trois états principaux dans son évolution.
:: L'état 2 est marqué par la construction d'un bâtiment englobant à l'Ouest les rares vestiges du petit donjon précédent qui est presque totalement arasé. Cette construction de 11 m x 6 m hors-d'œuvre, en petits moellons de calcaire, se compose de murs de différentes épaisseurs, la partie Ouest non protégée par l'enceinte jouant un rôle de bouclier. Ce donjon est extrêmement fruste dans les aménagements intérieurs de ses deux étages, et sa terrasse sommitale.
:: A l'état 3 correspond l'extension du château vers l'Ouest avec la création d'un nouvel ensemble castral et, en parallèle, l'abandon du château primitif. Le nouveau château forme un ensemble important de 1 400 m2, occupant l'extrémité Ouest de la crête sur le point haut du relief. Il est composé de deux grandes entités, présentant chacune un grand nombre de remaniements :
:: A l'Ouest, et reliant cet ensemble bâti au château primitif, deux très longues courtines sans tour. Quatre bâtiments, présentant un certain nombre de remaniements, sont visibles dans le réduit fortifié : :: Au Sud, se succèdent, en enfilade, deux parties voûtées, probablement à vocation de stockage au rez-de-chaussée. :: Au Nord, un bâtiment accueille une citerne taillée en partie dans le rocher et enduite au mortier de tuileau. :: A l'Ouest, le retour du rempart, barré par un mur Nord-Sud dessine une tour de plan très irrégulier suivant le contour de l'éperon rocheux. Ouverte à la gorge dans un premier temps, elle a été fermée, puis une plate-forme a été implantée à son sommet. C'est actuellement le point le plus haut du château et elle a pu jouer, un temps donné, le rôle de donjon. :: A l'Est, la construction d'une barbacane, en avant de cet ensemble clos, marque le dernier état des modifications de ce second château. Divers critères typologiques et architecturaux placent la construction de l'ensemble de l'état 3 dans le courant du XIV ème siècle avec des aménagements au XV ème siècle, et peut-être même au XVI ème siècle, et semble tout à fait correspondre à la pleine phase de la coseigneurie. Les coseigneurs, nombreux, logent, soit dans des maisons du castrum, soit, pour les plus puissants d'entre eux - Les BALAZUC - Les LAGORCE - Les CHATEAUNEUF - hors du terroir de SAINT-MONTAN.
Au fur et à mesure de son extension, il sera protégé par des enceintes successives avec remparts et tours de défense, encore visibles de nos jours. Dans le courant du XV ème siècle, le BOURG MEDIEVAL atteint les berges des deux ruisseaux et englobe la chapelle, église paroissiale actuelle dédiée à Sainte Marie-Madeleine, reconstruite au siècle dernier. Le Bourg s'entoure alors d'une importante enceinte, longée par une longue rue circulaire desservant tout le bas du village.
Nous devons un grand merci à Pierre-Yves LAFFONT qui nous a aidé à mieux en comprendre le développement au cours du temps. M. ARMAND - 1998
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